Une inflation en baisse, mais des comportements durablement transformés.
Le ralentissement de l’inflation mondiale estimée à 4,2 % en 2025 continue de peser fortement sur les comportements de consommation. En 2024, 72 % des consommateurs déclaraient être préoccupés par la hausse des prix des produits du quotidien, et 67 % se disaient prêts à se tourner vers des marques moins chères.
Ralentissement estimé de l'inflation mondiale en 2025 par
Les consommateurs préoccupés par la hausse des prix
Prêts à passer à des marques moins chères
Cependant la consommation ne s’effondre pas pour autant. Les données des rapports Deloitte montrent au contraire une certaine résilience : les dépenses, qu’elles soient essentielles ou discrétionnaires,restent globalement orientées à la hausse depuis 2022. Le changement est ailleurs : le consommateur est devenu plus sélectif, plus rationnel, et surtout plus attentif à la valeur de chaque dépense.
CONSOMMER AUTREMENT__________________________
Une nouvelle logique d’arbitrage : consommer autrement, pas moins
Les dépenses contraintes : alimentation, santé, logement, continuent d’augmenter, réduisant la part de budget disponible. Pourtant, les consommateurs ne renoncent pas aux dépenses dites “plaisir”. Cette situation donne lieu à une double dynamique structurante.
D’un côté, une rationalisation accrue du quotidien. Dans l’alimentaire notamment,les comportements d’optimisation se généralisent :
Ces tendances traduisent une montée nette de la frugalité alimentaire, particulièrement en Europe et en Amérique du Nord.
D’un autre côté, une préservation des dépenses à forte valeur émotionnelle. Les intentions de dépenses discrétionnaires restent orientées à la hausse, traduisant une volonté de maintenir certaines expériences jugées essentielles.
Ce paradoxe est central : les consommateurs arbitrent en permanence, mais ne décrochent pas. Ils réarbitrent leurs dépenses en fonction de la valeur perçue.
CONSOMMATION______________________________________________________________
L’expérience s’impose comme nouveau moteur de consommation
Les dépenses liées aux expériences progressent plus rapidement que celles liées aux biens matériels. Les catégories en croissance incluent la restauration, les loisirs, les voyages ou encore le bien-être. À l’inverse, les biens durables connaissent des dynamiques plus modérées. Le consommateur ne recherche plus uniquement un produit, mais une utilité immédiate, une expérience, voire une émotion.
Pour les acteurs du retail, cela implique de repenser leur proposition de valeur. Le produit seul ne suffit plus. L’expérience devient un levier central de différenciation et de création de valeur.
2026 : un tournant stratégique pour le secteur
Les perspectives 2026 confirment une transformation structurelle du retail. Cinq dynamiques majeures redéfinissent le secteur :
Ces évolutions s’inscrivent dans un contexte global contrasté. Les attentes d’augmentation des prix alimentaires restent élevées en Europe et en Asie-Pacifique, tandis qu’elles diminuent aux États-Unis. De même, les dynamiques de consommation diffèrent selon les régions, imposant une adaptation fine des stratégies.
Les priorités de transformation pour les acteurs du retail
L’IA s’impose désormais comme un outil opérationnel au cœur du modèle. Elle permet d’agir simultanément sur plusieurs dimensions clés : personnalisation de l’offre, optimisation des prix, gestion des stocks et automatisation des interactions.
De nouveaux usages émergent également. Les approches agentiques automatisent des processus complexes et facilitent la prise de décision en temps réel. Les content factories permettent de produire et personnaliser les contenus marketing à grande échelle grâce à l’IA générative. Enfin, l’émergence du GEO redéfinit les stratégies de visibilité dans les environnements de recherche conversationnels.
L’enjeu n’est plus d’expérimenter, mais de déployer à grande échelle pour générer un impact mesurable.
L’e-commerce reste un pilier central du retail, porté par des parcours d’achat toujours plus fluides, des standards logistiques élevés et une exigence croissante en matière d’expérience utilisateur. Dans ce contexte, le social commerce s’impose comme un relais de croissance. Les plateformes sociales deviennent des environnements transactionnels à part entière. Le parcours client s’y raccourcit considérablement, intégrant découverte, influence et achat dans un même espace.
Ce phénomène redéfinit les stratégies d’acquisition et impose de nouvelles logiques de contenu, d’engagement et de conversion.
L’omnicanalité n’est plus un facteur différenciant, mais un prérequis. Les consommateurs attendent une expérience fluide et continue entre les canaux qui continuent de se multiplier, sans rupture.
L’enjeu pour les entreprises est désormais de dépasser la simple juxtaposition des canaux pour construire des parcours réellement intégrés, pilotés par la donnée et centrés sur le client.
Le point de vente se transforme en un lieu hybride, combinant transaction, expérience et interaction. La digitalisation du point de vente permet d’enrichir le parcours client tout en générant des données exploitables en temps réel.
Mais au-delà de la technologie, c’est bien l’expérience qui s’impose comme élément central : immersion, services, personnalisation. Le rôle du magasin évolue : il devient ainsi un levier d’engagement, de différenciation et de fidélisation.
Conclusion
Le retail entre dans une nouvelle phase, structurée par plusieurs tendances de fond : côté consommateurs, une attention plus forte à la valeur des produits et des expériences ; côté retailers, un recours croissant à l’expérience comme levier de différenciation ; enfin, le déploiement à grande échelle de l’intelligence artificielle et la convergencedes canaux.
Dans ce contexte, le consommateur ne réduit pas sa consommation, mais la transforme. Plus exigeant et plus sélectif, il impose de nouveaux standards en matière de prix, de service et d’expérience.
Pour les acteurs du retail, l’enjeu est : l’adaptation rapide face à un secteur compétitif dans un environnement en transformation accélérée.
Lucia possède plus de 10 ans d’expérience en stratégie digitale, avec un fort accent sur les secteurs du retail et du luxe. Avant de rejoindre Deloitte, elle occupait un poste de direction senior dans le domaine de l’eBusiness, où elle a piloté un programme de transformation digitale à grande échelle en tant que Global Business Owner, en menant des initiatives couvrant l’e-commerce, le marketing digital, l’omnicanal et les nouvelles technologies. Depuis son arrivée chez Deloitte, Lucia a développé une expertise approfondie en marketing, e-commerce et expérience client, avec un focus particulier sur les nouveaux modes de consommation et leurs implications business. Elle a travaillé sur des business cases ainsi que sur la mise en œuvre de bout en bout de stratégies marketing, et a récemment piloté une preuve de concept (Proof of Concept) liée à une Customer Data Platform.